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Jeudi 12 février, je participerai à la « Nuit solidaire pour le logement », qui a lieu place de la République de 18h à 6h du matin, à l’appel de 34 organisations du Collectif des Associations Unies. Et je vous appelle à en faire autant. Voici pourquoi.

Pourquoi j’irai dormir place de la République à l’occasion de la « Nuit solidaire pour le logement »

Le 20e rapport de la Fondation Abbé Pierre fait état, en France, de 3,5 millions de mal-logés, dont 695.000 personnes privées de domicile personnel.

L’Ile-de-France a dépassé l’année dernière le seuil de 400.000 familles demandeuses d’un logement social. D’après le fichier régional 23 000 d’entre elles demandent Saint-Denis parmi leur choix de ville.

Au fichier de Saint-Denis, 7500 familles sont aujourd’hui inscrites comme demandeurs de logement, contre 4800 en 2008. Dans ce fichier nous identifions plus de 500 familles dionysiennes labellisées DALO. L’attente moyenne pour l’accès au logement social à Saint-Denis est de 3 à 4 ans.

Cette situation inacceptable a plusieurs causes :

  • Un effort de construction et de rénovation qui devient de plus en plus difficile, les aides de l’État à la construction se réduisant comme peau de chagrin.
  • Les efforts pour construire, sont insuffisamment répartis et la solidarité régionale comme nationale n’est pas au niveau.
Pourquoi j’irai dormir place de la République à l’occasion de la « Nuit solidaire pour le logement »

De fait, les chiffres de la construction de logements neufs l’an dernier sont les pires depuis des décennies, repassés sous la barre des 300 000 mises en chantier, alors que l’objectif du gouvernement est de 500 000. Pour résorber durablement la crise grave du logement, il est indispensable de relancer la construction et la rénovation de logements, sociaux en particulier.

Avec 42% de logements sociaux, notre ville est largement au-delà du minimum requis dans la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU). Par ailleurs, dans le dernier mandat, 1000 logements ont été construits par an en moyenne, dont 40% de logements sociaux. Dans le mandat en cours, nous visons encore la même moyenne.

Face à la croissance rapide et constante du nombre de mal-logés, cela ne suffit pas : à Saint-Denis, moins de 1500 installations dans des logements sociaux sont comptabilisées chaque année, dont seulement 200 à 250 proposées par la Ville, le reste revenant à l’Etat, au 1 % logement des salariés, aux bailleurs sociaux.

Pourquoi j’irai dormir place de la République à l’occasion de la « Nuit solidaire pour le logement »

Si toutes les villes prenaient part, comme Saint-Denis le fait, à l’effort de construction, il n’y aurait pas de crise du logement. Les moyens existent pour y parvenir :

  • 15 ans après son adoption, il est indispensable que l’Etat prenne les mesures prévues par la loi SRU qui fixe l’obligation de 25% de logements sociaux dans toutes les communes de plus de 3500 habitants. Au besoin en renforçant la législation à l’encontre des villes hors-la-loi, par exemple par l’inéligibilité des maires en responsabilité.
  • Il est indispensable que soient encouragées les « villes bâtisseuses » qui font preuve d’un volontarisme en matière de construction et de rénovation de logements (sociaux en particulier). Or, alors qu’il faut absolument soutenir financièrement la construction de logement, les aménagements des espaces publics et le développement des services publics indispensables, au premier chef l’école, l’emploi, la sécurité, pour accompagner ces constructions, les dotations de l’Etat sont en baisse, avec par exemple moins 100 millions d’euros cumulés pour Plaine Commune et les 9 villes qui composent notre agglomération, territoire pourtant identifié comme pôle de développement du Grand Paris
  • Il est indispensable de réduire la pression sur les locataires et le logement social du fait de loyers souvent trop élevés dans le parc locatif privé au regard des revenus des locataires ; ceci en appliquant à notre territoire les dispositions de la loi ALUR pour encadrer les loyers.

Force est de constater que la politique du logement n’est pas aujourd’hui à la hauteur.

2015 doit être l’année d’avancées significatives.

Pourquoi j’irai dormir place de la République à l’occasion de la « Nuit solidaire pour le logement »

C’est pourquoi je me retrouve parfaitement dans ce qu’expriment ces 34 associations du « Collectif des associations unies » lorsqu’elles disent que « les choix politiques sont toujours en deçà des défis à relever. Ne nous laissons pas gagner par l’indifférence. Face à la tentation de stigmatiser les exclus, d’opposer les populations entre elles, choisissons le juste combat : attaquons-nous aux causes de l’exclusion, non aux exclus ! »

Voilà pourquoi j’irai dormir avec elles, place la République jeudi 12 février, à l’occasion de la « nuit solidaire du logement ».

Voilà pourquoi j’appelle chacune et chacun à s’y joindre.

Voilà pourquoi j’appelle de mes vœux que cette mobilisation se prolonge, s’élargisse et s’amplifie : pour que les politiques publiques en matière de logement répondent enfin à l’urgence sociale, à la détresse et la souffrance des milliers de familles de notre ville.

Tag(s) : #Logement, #Luttes, #Solidarité, #Austérité, #Associations, #Budget, #DALO, #Loyers, #Manifestation

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