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J’entends également contribuer à la mise en place de mobilisations civiques contre les expulsions locatives (...) Ceci avec l’ensemble des citoyen-ne-s et des associations ou organisations qui le souhaitent, dans le respect des identités et des points de vue de chacun.

J'ai écris hier au collectif "Pas d'enfant à la rue"...

Hier, mercredi 15 avril, j'ai écrit au collectif « Pas d'enfant à la rue », suite à la rencontre que j'ai eu avec eux vendredi dernier, et à la démarche que j'ai accompagnée lundi matin à l'aube pour s'opposer à une expulsion (VOIR ICI) d'une famille DALO et m’assurer que si expulsion il devait y avoir au final, les services de l’État accompagnent celle-ci (comme l’a demandé le Maire au Préfet vendredi) par une solution d’hébergement d’urgence à compter de la date d’expulsion.

Télécharger mon courrier au collectif.

J'ai écris hier au collectif "Pas d'enfant à la rue"...

De son côté, le maire Didier Paillard a écrit lundi 13 avril au Préfet. Je met également à votre disposition ce courrier du maire afin de demander « pour le collectif Pas d’enfant à la rue, un rendez-vous auprès de Monsieur le Préfet de la Seine-Saint-Denis et de Monsieur le Préfet délégué à l’égalité des chances, pour obtenir leur engagement sur les volets relevant de leurs compétences. »

Télécharger le courrier du maire au préfet.

Mon courrier :

Le 15 avril 2015

A l’intention du Collectif Pas d’enfant à la rue

Madame, Monsieur,

Vendredi dernier, j’ai pu mesurer votre engagement contre le mal-logement, motivé par le lien évident entre les conditions de logement et les difficultés scolaires des enfants victimes de situations dramatiques, qui mettent en péril leurs progrès et leur avenir.

Je partage vos préoccupations. C’est la raison pour laquelle je vous ai reçu sans délai. Conseiller municipal délégué au logement, je constate chaque jour l’étendue de la crise du logement sans précédent, qui frappe un nombre de plus en plus grand de familles, parmi lesquelles les 10 familles sur lesquelles vous attirez l’attention des pouvoirs publics.

C’est pourquoi je renouvelle ma proposition d’échange en réunion publique avec votre collectif comme je le fais à travers tous les quartiers de Saint-Denis. Je souhaite partager nos informations, nos questionnements, nos ressources et nos contraintes, et rassembler les énergies pour le droit au logement digne de tous les Dionysiens.

Concernant les familles qui font l’objet de votre mobilisation, j’ai bien noté les demandes – selon les situations – de mobilisation d’urgence des services d’hygiène, de mesures de relogement pérennes et/ou de mesures rapides pour celles qui sont menacées d’expulsion.

Dans l’immédiat, Monsieur le Maire de Saint-Denis a sollicité pour le collectif Pas d’enfant à la rue, un rendez-vous auprès de Monsieur le Préfet de la Seine-Saint-Denis et de Monsieur le Préfet délégué à l’égalité des chances, pour obtenir leur engagement sur les volets relevant de leurs compétences.

Pour la suite, je réitère les propositions formulées vendredi, dans le cadre du droit commun et sans dénaturer le collectif constitué :

  • mobiliser le service communal d’hygiène et de santé dans le cadre des procédures d’insalubrité et de péril relevant de ses compétences ;
  • étudier la situation et les demandes de logement de chaque famille et dégager les opportunités en lien avec tous les réservataires de logements sociaux ;
  • mobiliser le Samu social et la Direction régionale interministérielle de l’habitat et du logement pour garantir la mise à l’abri des familles courant le risque d’une expulsion à très brève échéance.

Au-delà des cas d’espèce, l’intervention conjointe des pouvoirs publics et des citoyens m’apparait indispensable, afin de soutenir les locataires victimes de propriétaires indélicats ou irresponsables en vue de travaux de remise aux normes des logements concernés dans un délai rapproché.

J’entends également contribuer à la mise en place de mobilisations civiques contre les expulsions locatives pour, conformément à notre projet municipal, agir pour la fin des expulsions pour raisons financières sans proposition adaptée de relogement ou d’hébergement, le respect par l'État de son obligation d'hébergement par des places en nombre suffisant, stables, dignes et orientées vers des solutions de relogement. Le logement est un droit, aucun habitant ne doit être laissé à la rue. Ceci avec l’ensemble des citoyen-ne-s et des associations ou organisations qui le souhaitent, dans le respect des identités et des points de vue de chacun.

Alors que le logement est en crise avec un niveau de construction au plus faible depuis 30 ans, la Ville agit pour que les Dionysiens puissent se maintenir dans leur logement à Saint-Denis, au cœur de la Métropole : en préservant le logement social, en favorisant la construction de logements adaptés à différents besoins (jeunes, personnes âgées, location et propriété sociale…), en mobilisant les bailleurs sociaux pour rénover les logements, en augmentant le plus faiblement possible les loyers, en donnant la priorité aux Dionysiens pour l’accès aux logements sociaux…

L’Ile-de-France a dépassé fin 2014 le seuil de 450 000 familles demandeuses d’un logement social. D’après le fichier régional 23 000 d’entre elles demandent Saint-Denis parmi leur choix de ville. Au fichier de Saint-Denis, 7500 familles sont aujourd’hui inscrites comme demandeurs de logement, contre 4800 en 2008. Dans ce fichier nous identifions plus de 500 familles labellisées DALO. Le contingent communal a permis l’attribution, en 2014, de 198 logements, environ 1000 autres attributions relevant de la Préfecture, du 1 % patronal (Action logement) et des bailleurs sociaux.

Le délai d’attente pour l’accès au logement social à Saint-Denis se chiffre désormais en années. De leur côté, les bailleurs sociaux constatent que le nombre de changements de domicile, qui concernait 10 % des locataires sur une année, est passé à 5 %, illustrant la baisse de la mobilité des ménages, à cause de la difficulté à retrouver un logement satisfaisant.

Contre le manque de disponibilité des logements, la hausse des loyers, des propriétaires indélicats qui profitent de la situation, l’action de Saint- Denis pour le droit au logement est exemplaire en matière de construction et de lutte contre la hausse des loyers. En Ile-de-France, aucune autre ville n’accueille autant de nouvelles constructions que Saint-Denis chaque année. La Municipalité s’engage pour accroître encore le combat contre la crise du logement, la spéculation immobilière et l’habitat indigne avec la rénovation et la construction d’une offre diversifiée et accessible de logements sociaux et en accession à la propriété.

Mais face à ce qui est devenu une véritable violence sociale de grande ampleur, que vous avez-vous-même pointée du doigt au travers de 10 cas, je pense que les mobilisations citoyennes doivent s’amplifier comme jamais.

Restant à votre disposition, je vous prie de recevoir, Madame, Monsieur, mes respectueuses salutations.

Philippe Caro

Conseiller municipal délégué au logement

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Tag(s) : #Saint-Denis, #Logement, #Loyers, #DALO

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