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« Si la facture est salée pour les propriétaires, les locataires dégustent aussi » expliquait le “Canard Enchaîné” du 21 septembre au sujet des augmentations de la taxe d'habitation. « La palme revient à Saint-Denis (6,7%), talonné par Nantes (6,5%), Clermont-Ferrand (6,3%), Aix-en-Provence (6,1%) et Marseille (5,3%). »

C’est aussi ce que dit une étude réalisée par le “Forum pour la gestion des villes” publiée par “Les Échos”. Avec ces précisions : il s’agit des villes de plus de 100.000 habitants ; et notre titre de “premier de la classe” vaut pour la métropole, car il y a encore plus dingue que nous : Saint-Paul-de-la-Réunion où les habitants subissent une augmentation de 7,5% !

Je dois dire qu’il y a des premières places dont je me passerai bien. Car entre la taxe d’habitation et la taxe foncière arrivée le mois dernier, nous pouvons désormais prendre toute la mesure de la décision portée mon collègue maire-adjoint aux Finances, Stéphane Privé (PSG), et adoptée par mes ami-e-s de la majorité municipale d'augmenter brutalement de 10 % les taux de la fiscalité locale : Cette année la “douloureuse” porte bien son nom !

On m’objectera — avec raison ! — que le montant en Euros de la taxe d’habitation est moins élevé à Saint-Denis que dans beaucoup d’autres villes. Mais, le revenu médian des dionysien-ne-s est aussi moins élevé qu’ailleurs : 1200 € contre 1700 € en France !

Une idée reçue circule aussi parfois dans la ville, qui voudrait que notre population est peu touchée par les impôts locaux parce que trop pauvre pour en payer. Et donc que la plupart des familles seraient exonérées.

C’est une idée fausse : sur les 41400 foyers fiscaux assujettis à la taxe d’habitation, 53% acquittent une cotisation intégrale et 35% sont plafonnés pour conditions de revenus. Seuls 12% sont exonérés, soit 6000 foyers fiscaux. Quant à la taxe foncière sur le bâti, 19600 foyers fiscaux de notre ville y sont assujettis.

J’ai reçu en fin de semaine dernière ma propre taxe d’habitation. Et j'ai regardé de plus près, pour comprendre ce chiffre de 6,7% d’augmentation que donnent le “Canard Enchaîné” et “Les Échos”. Et en effet je passe de 880€ à 939€, soit une augmentation de 59€… donc bien +6,7%. Comme je ne bénéficie d’aucun plafonnement pour conditions de revenus, cela signifie bien que l’augmentation de base du montant à payer pour tous les foyers assujettis à la taxe d’habitation est au minimum de 6,7%.

Au minimum, car il peut y avoir pire !

Une voisine m’a communiqué ses avis d’impositions et j'ai fait un constat : pour cette maman seule avec un enfant à l’école primaire, avec un petit salaire et habitante dans un appartement HLM, l’augmentation de la taxe d'habitation est de 14,37 % ! Entre 2015 et 2016, elle passe de 689 € à 788 €, soit 99 € d’augmentation !

Comment est-ce possible ? Contrairement à moi elle bénéficie d’un plafonnement pour conditions de revenus. Et le montant de son plafonnement diminue. Elle cumule donc la hausse de la taxe d’habitation que nous subissons tous (6,7%) avec cette diminution du plafonnement. Ceci sans que ses revenus se soient notablement améliorés d’une année sur l’autre.

Locataire HLM, cette personne aux petits revenus va devoir payer 99 € de plus que l’an dernier. Et elle ne paie pas l’impôt foncier. Moi si : sur cet impôt l’augmentation me concernant est de 93€. Une hausse dont plus de la moitié est imputable à la part communale et le reste au Conseil départemental du 93. En tout, je vais donc régler en 2016, 152€ de plus que l’an dernier. Soit, les deux impôts locaux cumulés, une augmentation de 7,77 %. Est-il besoin de préciser que mes revenus, comme ceux de tous les salariés, n'ont pas augmenté de 7,77 % ?

Ces dernières années, avec le soutien zélé des députés PS à l’Assemblée nationale et en particulier de ceux de Saint-Denis, Mathieu Hanotin et Bruno Le Roux, une cure d’austérité est imposée aux villes (et singulièrement à la nôtre) par le gouvernement.

Dans ce contexte j’ai vainement demandé à mes collègues de la majorité municipale dans les 10 mois qu’a duré la préparation du budget 2016, de prendre l’avis des habitants de notre ville sur les options possibles. Et d'en tenir compte lors de notre vote.

En l’absence d’un débat avec celles et ceux qui ont élaboré le projet municipal et celles et ceux qui nous ont élus pour le porter, j’ai finalement choisi « de ne pas présenter à nos concitoyens la facture de la cure d’austérité gouvernementale ». Et j'ai refusé de voter l’augmentation de 10% des taux des impôts locaux.

Aujourd’hui, nous connaissons les conséquences de la décision d'une augmentation brutale de 10% de la pression fiscale : ça va faire mal dans une ville populaire comme la nôtre ! D'autant plus qu'elle se cumule avec d'autres hausses ; ou des baisses comme celle qui annoncée aujourd'hui sur les APL.

Aussi j'ai une pensée pour les familles que connais, et que je sais être fragilisées par un accident de la vie (perte d’emploi, divorce, accident, maladie, etc.). Celles qui ont perdu pied ou sont à deux doigts de flancher. Dans le contexte économique et social très dégradé actuel, le choix de mes collègues les enfonce un peu plus. Et c'est regrettable.

Une voisine m’a communiqué ses avis d’impositions : pour cette maman seule avec un enfant l’augmentation est de 14,37 % !

Une voisine m’a communiqué ses avis d’impositions : pour cette maman seule avec un enfant l’augmentation est de 14,37 % !

Tag(s) : #Saint-Denis, #Débats, #Austérité, #Budget, #Argent, #Elus

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