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Est-il bien utile que notre majorité municipale fasse aujourd'hui ce dont rêve François Fillon pour demain, s'il devient président de la République ?

Philippe Caro

Ce matin je suis allé rencontrer les parents de l'école Robespierre. Qui découvraient que le mouvement de lutte du personnel contre la mise en cause de leurs droits se poursuivait. Et qui allaient devoir s'arranger avec ça comme ils peuvent, car il n'y aura pas de cantine ni de centre de loisir aujourd'hui. J'ai aussi discuté avec des personnels municipaux de l'école et des membres de l'équipe enseignante.

Je conseille vivement à mes collègues de la majorité municipale de sortir de leurs bureaux feutrés pour faire de même.

Peut-être ainsi mesureraient-ils ce qui rassemble tous les syndicats de la mairie (CGT, FO, SUD, CFDT) ainsi qu'une foule d'agents communaux ? Et qu'il y ait une telle unité et autant d'agents communaux mobilisés interroge : qu'on soit d'accord ou pas sur le fond, est-il raisonnable pour notre majorité de s'obstiner ainsi à vouloir imposer son projet coûte que coûte ?

À mon avis non.

Je souhaite que de vraies discussions s'engagent, apaisées. Ce qui suppose qu'il n'y ait aucun préalable et qu'on tienne compte de ce que disent les salariés au travers de leur mouvement actuel, dont l'ampleur qu'il a pris change la donne.

En aucun cas, il n'est acceptable —comme je sens la tentation chez certains de le faire— de court-circuiter la représentation syndicale que les salariés se sont choisis (et qui montrent dans le cas présent d'une remarquable unité) en passant par les hiérarchies et des réunions de services. Ceci, ça ressemble furieusement à ce que fait régulièrement le Medef quand il n'obtient pas des syndicats les accords qu'il souhaite. Pour reprendre une image célèbre, mes amis pensent-ils pourvoir obtenir un accord juste en pratiquant la politique du « renard libre dans le poulailler libre » ?

Hier midi et ce matin, j'ai discuté avec des agents communaux et des représentants de toutes les organisations syndicales. Et je m'aperçois que toutes et tous sont d'accord pour discuter des points 1 à 4 du projet, mais en aucun cas du point 5.

En clair, pour engager des discussions, le seul point de blocage aujourd'hui est la demande de l'intersyndicale d'avoir un engagement de ne pas toucher aux congés des agents, qui n'obtient pas satisfaction.

Je comprend leur émotion : leur demander d'accepter la suppression de 11 à 16 jours de congés par agent et par an est une pilule qu'aucun salarié ne serait disposé à avaler ! Faut-il s'étonner qu'ils n'adhèrent pas à l'idée de "travailler plus" (longtemps) pour gagner pareil (voir moins) ?

Pour reprendre le mot que j'ai beaucoup entendu chez plusieurs agents communaux, ils vivent ce projet qui conditionne l'amélioration du service public communal à la remise en cause de leurs droits à congés et leur temps de travail, comme une véritable « déconsidération ». Certains seraient-ils trop éloigné du monde du travail ou depuis trop longtemps pour comprendre ça ?

Et puis est-il bien utile que notre majorité municipale fasse aujourd'hui ce dont rêve François Fillon pour demain, s'il devient président de la République ?

Ainsi, notre majorité municipale s'obstine à vouloir négocier sur tous les points (dont le 5 qui provoque le conflit). Et la situation est bloquée. C'est ça qui fait problème. La solution raisonnable consiste donc à reprendre  des discussions en se donnant le temps, et surtout en remettant tout à plat autour des points qui font consensus entre tous, pour avancer rapidement sur tout ce sur quoi ils sera possible ; afin d'améliorer sans délais ce qui peut l'être.

L'obstination à vouloir être dans le "tout ou rien" bloque toute avancée. Et au final on est dans le rien.

Et ça, d'une part ça ne permet pas d'améliorer une situation du service public communal qui en a pourtant besoin ; et d'autre part —j'en ai fait le constat ce matin—, ça crée une situation de conflit qui a des conséquences immédiates et pénibles dans la vie quotidienne de nos concitoyens, qui plus qu'ailleurs ont besoin d'un service public communal de proximité et de qualité.

Il faut que cette situation cesse. Vite.

Tag(s) : #Saint-Denis, #Service public, #Elus, #Laurent Russier, #Débats, #Luttes, #CGT, #SUD, #FO, #CFDT, #Vidéos

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