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Pour ne pas emprunter le chemin de la honte il faut prendre celui de la raison. Et il faut laisser au Medef, les arguments du Medef.

Philippe Caro.

(Ci-dessus : photo-montage. Qui veut voir celà ?)

(Ci-dessus : photo-montage. Qui veut voir celà ?)

C'est avec effarement que j'ai lu un petit article du Parisien d'hier. Qui envisage « le recours à la force publique pour mettre fin au mouvement de grève. » C'est à dire l'intervention de la police pour briser une grève.

Je n'ose imaginer qu'une telle hypothèse soit sérieusement envisagée.

On est libre d'être d'accord ou pas avec un mouvement de grève. On est libre de trouver que les revendications qui les motivent sont justifiées ou pas. On est libre d'apprécier les formes de l'action ou pas... Mais jamais, en aucun cas, il ne sera acceptable de briser une grève par le recours à la police !

Avec mes camarades communistes et bien d'autres citoyen-ne-s, nous dénonçons la "pénalisation des luttes", des mouvements sociaux, des salariés grève et de leurs représentants syndicaux. Nous condamnons avec raison le recours intensif et croissant des patrons et du Medef à la Justice et la Police pour briser les mouvements sociaux ; sous le regards le plus souvent complice du gouvernement.

L'intervention de la police pour briser cette grève serait un précédent terrible dans notre ville. Une véritable ignominie. Une gifle monumentale à plusieurs générations de mes camarades communistes qui, dans notre ville en particulier, ont menés tant de combats pour défendre les emplois, les salariés et leurs droits. Ce serait un outrage fait à leur mémoire.

Ce serait aussi une fragilisation de tous les habitant-e-s et salarié-e-s de notre ville qui sont ou seront un jour confrontés à la nécessité de défendre leurs droits par la lutte et la grève. Et par exemple, que dira-t-on si la direction de SFR qui veut quitter son site à la Plaine-Saint-Denis faisait un jour intervenir la Police pour briser un mouvement de lutte de ses salariés ?

Et puis où s'arrêtera-t-on ? Car si les salariés du CTM de Saint-Denis opposaient une résistance —même passive—, à une intervention, la Police sera-t-elle autorisée à utiliser ses matraques ? Avec le mode d'emploi que certains semblent avoir trouvé pour faire sa fête au jeune Théo ?

Tout cela est affligeant. Et je veux croire que cet article du "Parisien" se trompe et n'est pas sérieux.

D'ailleurs ce même article fait explicitement référence à « l'enquête administrative » pour faire état « de nombreux dysfonctionnements dans le centre » dont il prétend dresser une liste : « vols à répétition, surveillance défaillante, etc. ». Très approximative on le voit.

Pourtant « l'enquête administrative » n'est à ce jour pas rendu publique. Ceci malgré plusieurs demandes répétées, dont la mienne. Alors, qui donc s'ingénie à faire "fuiter" des éléments au "Parisien" ? Des éléments d'informations très partiels et très partiaux et surtout invérifiables ? Et pourquoi ?

Par ailleurs, cet article du "Parisien" est si peu sérieux et documenté que sur le simple plan factuel il commet des erreurs élémentaires, indignes du sérieux habituel des journalistes de ce quotidien. En écrivant qu'ont été « suspendus pendant deux mois 23 agents du service des fêtes », il se trompe : 23 agents ont bien été suspendus pendant deux mois, mais si mes comptes sont exacts, 14 seulement étaient du service des fêtes.

Pour ne pas emprunter le chemin de la honte il faut prendre celui de la raison. Et il faut laisser au Medef, les arguments du Medef.

Les négociations pour trouver une issue apaisée à la crise doivent commencer. Je regrette sur ce point que mes collègues de la majorité qui gèrent cette situation tardent tant à fixer une date pour rencontrer les salariés en grève et leurs syndicats.

NON. Utiliser la police pour briser une grève au CTM de Saint-Denis n'est pas conforme à nos valeursNON. Utiliser la police pour briser une grève au CTM de Saint-Denis n'est pas conforme à nos valeurs
NON. Utiliser la police pour briser une grève au CTM de Saint-Denis n'est pas conforme à nos valeurs
Tag(s) : #Saint-Denis, #Le Parisien, #Débats, #Luttes, #Police, #Grève, #Service public, #Personnel communal, #CTM, #Justice, #Transparence, #Laurent Russier, #Elus, #Droits

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