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Dans les premières années du début de mandat notre majorité a mené des actions pour tenter de sensibiliser les dionysiens et dionysiennes à la situation et les mobiliser. On se souvient en particulier de l'action des « plumés de l’austérité ».
Cette année, rien : le néant ! Pas même une tentative de quelque chose. Depuis un an, le grand vide comme symbole du « faire-ensemble » dont nous rebat les oreilles.

Philippe Caro.

Au conseil municipal d'hier soir avait lieu le débat d'orientations pour le budget 2017 de la ville.

Trois constats s'imposent :

Voici l'intégralité de mon intervention d'hier soir :

« La hausse brutale de 10% des taux de la fiscalité locale adoptée l’an dernier par la majorité —contre mon avis, ce qui m’a valu avec mon refus de nous voter des augmentations des indemnités d'élus, le retrait de ma délégation par Didier Paillard l’an dernier — ; cette hausse brutale, disais-je, va continuer, au vu de ce qui nous est proposé, de produire ses effets en 2017.

Le rapport présenté souligne que dans un contexte de baisse des dotations de l’État, cette augmentation, je cite la page 15 : « a permis de restaurer des marges de manœuvres pour financer les engagements municipaux du mandat ». Et le rapport ajoute que, je cite à nouveau : « le poids des contraintes financières demeure réel du fait du fait d’une évolution atone des recettes ».

En clair, et en dépouillant les propos du charabia technocratique : l’augmentation n’a rien résolu du tout ! Nous en sommes au même point que l’an passé.

Dans le même temps, le rapport ne dit pas un mot des conséquences de cette hausse pour beaucoup de dionysiens et dionysiennes.

Je me doute que cette augmentation brutale n’est pas un problème pour les revenus les plus élevés, ou ceux qui peuvent au besoin se les augmenter eux-mêmes lors d’un vote. Mais pour beaucoup de nos concitoyens et concitoyennes la hausse brutale de l’an dernier a été difficile à supporter.

Et on ne parle pas de quelques cas isolés : Dans notre ville 88% des foyers fiscaux payent la taxe d’habitation, dont les deux tiers environ à taux plein. Une ville ou le revenu médian des dionysiens est de 1200 euros contre 1700 euros au niveau national.

Or, la hausse de l’an dernier va continuer à produire ses effets sur cette année. Et cette continuité sur l’année 2107 sera tout aussi difficile à supporter pour de très nombreuses familles de notre ville.

La question qui nous est donc posée n’est pas seulement comme propose ce rapport de, je cite : « ne pas (avoir) recours au levier fiscal pour l’exercice 2017 ». C’est de diminuer la pression fiscale, d’un impôt particulièrement injuste.

De ce point de vue là, les orientations budgétaires ne vont pas dans le bon sens. Et je demande qu’elles soient retravaillées.

Par ailleurs, le rapport d’orientations souligne avec beaucoup de justesse que notre ville continue à subir de plein fouet les effets de l’austérité, elle aussi brutale, du gouvernement votée par les députés et sénateurs PS.

Mais il n’en tire pas les conclusions politiques qui s’imposent. En fait, à dire vrai, il n’en tire aucune conclusion politique. Et c’est là que le bas blesse : cette construction budgétaire n’est rien de plus qu’un blabla technocratique.

Car que nous est-il proposé en fait ?

Puisque que tout le monde (même les plus sourds !) a bien fini par comprendre qu’on ne pouvait plus augmenter les taux d’impôts locaux, la seule réponse est, je cite encore la page 15 : « les efforts de gestion engagés en 2016 doivent donc être poursuivis en 2017 afin de limiter l’effet de ciseaux généré par des dépenses qui restent structurellement plus dynamiques que les recettes ».

En clair et sans le fatras du verbiage technocratique : c’est la fuite en avant !

Mes chers collègues, il faut redonner du sens politique aux choix budgétaires. Et cesser de gérer la ville comme des épiciers.

L’an dernier, pendant les 10 mois qui ont précédé le vote du budget, je n’ai cessé de dire à notre majorité que la cure d’austérité gouvernementale imposée dans le budget d’une ville populaire comme la notre, était dévastatrice. Et un choc tel qu’il ne nous revenait pas à nous seuls d’arbitrer les choix difficiles auxquels cette austérité nous conduisait.

Nous aurions dû nous tourner vers nos concitoyens et nos concitoyennes. Avoir un langage de vérité sur la situation et prendre largement leur avis. Et décider avec eux des orientations. Et en tenir compte lors de notre vote.

Voilà ce que j’ai dit l’an dernier pendant 10 mois et notamment au conseil municipal de février 2016. En vain.

Eh bien cette année, on se retrouve à peu près dans la même situation ; mais en pire !

Car au moins, dans les premières années du début de mandat notre majorité a mené des actions pour tenter de sensibiliser les dionysiens et dionysiennes à la situation et les mobiliser. On se souvient en particulier de l'action des « plumés de l’austérité ».

Cette année, rien : le néant ! Pas même une tentative de quelque chose. Depuis un an, le grand vide comme symbole du « faire-ensemble » dont nous rebat les oreilles le rapport à la page 9.

Dans mon discours au conseil municipal du 3 décembre, dont nous venons d’adopter le procès verbal,  je rappelais cette citation de l’éditorial de Didier Paillard dans le document de projet municipal de 2014 : « En politique comme en amour, ce sont les actes qui comptent ».

Pour le « faire-ensemble », il n’y a ici aucun acte. Et pas d’amour. »

Tag(s) : #Saint-Denis, #Budget, #Débats, #Austérité, #Argent, #Service public, #Elus

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