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J'étais hier soir à l'école Carson-Besson. Où les parents et enseignants on voté l'occupation de l'école. J'avais été alerté par des parents sur la situation d'une famille de 5 enfants nés en France et scolarisés à Saint-Denis ; avec un enfant à naître bientôt. Qui a été expulsée de la résidence sociale voisine il y a un mois. Et est depuis à la rue.

Je ne connais pas tout du détail du parcours de cette famille. C'est pour cela que je me suis rendu à l'école hier soir.

Des enfants de cette famille sont scolarisés ici et l'un d'eux au collège De Geyter. Un collectif de parents et d'enseignants de l'école du quartier du Stade-de-France s'est donc mobilisé hier soir autour d'un goûter solidaire. Ainsi que des enseignants de De Geyeter et des personnes de RESF et du collectif "Pas d'enfant à la rue". Tous se sont retrouvé à l'école pour soutenir cette famille. Faire le point sur la situation et réfléchir a ce qu'il est possible de faire.

Pour faire vite, on dira qu'il ressort que les services sociaux de différentes institutions se renvoient la balle sur la situation de cette famille, ce que j'ai déjà vu maintes fois. Et que la seule manière de mettre fin à ce billard à plusieurs bandes c'est de mettre tout le monde autour de la table

D'autre part la situation m'a paru assez complexe, cette famille étant à la fois trimbalé et prise en charge par plusieurs institutions et dispositifs depuis le début des années 2000.

Elle a "atterri" en 2007 dans la résidence située près du Stade-de-France. Qu'à Saint-Denis nous connaissons bien car ses actionnaires et gérants l'ont détourné de sa vocation initiale (accueillir des touristes et salariés pour des courts séjours). Et en ont fait une "résidence sociale" où des organismes qui ne sont pas dionysiens (la ville de Paris et le Samu social en particulier) ont eu tendance à se "débarrasser" des cas qui les encombraient.

Les actionnaires et gérants de lieux y trouvent leur compte car les loyers sont financé en tout ou partie par les dispositifs sociaux. Les institutions "hors Saint-Denis" aussi car elles considèrent ensuite que c'est à la ville d'accueil (Saint-Denis, donc) de se débrouiller avec ça. Un système lamentable où quelques-uns font leur beurre, d'autres se défaussent, et qui nous laissent le problème entier !

Reste que par principe, pour ce qui me concerne, si des dispositifs et des décisions successives aboutissent à mettre des enfants dans la rue, c'est que dans tout ce qui a été fait avant ça ne colle pas.

Nous sommes en France et je n'accepterai jamais que des "politiques publiques" conduisent à ce que des enfants passent leurs nuits à la belle étoile. Que ce soit cette famille ou d'autres. Car depuis la reprise des expulsions, je pense que d'autres familles se sont ou vont se retrouver dans cette situation.

L'occupation d'une école n'est pas forcément mon mode d'action favori. Mais hier soir donc, parents et enseignants ont décidé d'occuper l'école Carson-Besson pour attirer l'attention. Et réclamer la prise en charge immédiate de la famille à la rue avec des enfants. Je suis donc resté un bon moment avec eux (et revenu le soir tard après un autre rendez-vous) pour m'assurer que tout allait bien et que les discussions avançaient.

Ce qui a été le cas : la ville va finalement faire une prise en charge de plusieurs jours. Le temps de travailler au fond sur la situation de cette famille. En rappelant aussi —je le souhaite—, les autres institutions (dont la Préfecture) à leurs responsabilités.

L'occupation de l'école a donc évidemment pris fin. Et ce soir, parents et enseignants se retrouvent à l'école pour faire le point de la situation.

Au passage je rappelle que le 30 mars dernier, à la fin du conseil municipal j'avais posé une question d'actualité au maire pour demander que, la trêve hivernale sur les expulsions prenant fin le lendemain, il prenne l'initiative d'un "arrêté de sauvegarde" imposant sur notre territoire un moratoire sur les expulsions locatives.

Ceci —ainsi que le stipulait le projet municipal pour lequel les dionysiens nous ont élus—, jusqu’à « La fin des expulsions pour raisons financières sans proposition adaptée de relogement. Le respect par l’État de son obligation d’hébergement par des places en nombre suffisant, stables, dignes et orientées vers des solutions de relogement. »

Je regrette que cette proposition n'ai pas été suivi  : Le cas de cette famille —comme d'autres sûrement— aurait alors pu être étudié dans de meilleures conditions, autrement que dans l'urgence ; et sans qu'il soit nécessaire que les parents et enseignants occupent une école. Et c'est un constat que je fais de puis de nombreuse années  : lorsque l'expulsion a été réalisée, il devient toujours encore beaucoup plus difficile de trouver des solutions.

Parents et enseigants occupent l'école près du Stade-de-France pour soutenir une famille de 5 enfants à la rue
Parents et enseigants occupent l'école près du Stade-de-France pour soutenir une famille de 5 enfants à la rue
Parents et enseigants occupent l'école près du Stade-de-France pour soutenir une famille de 5 enfants à la rue
Parents et enseigants occupent l'école près du Stade-de-France pour soutenir une famille de 5 enfants à la rue
Parents et enseigants occupent l'école près du Stade-de-France pour soutenir une famille de 5 enfants à la rue
Parents et enseigants occupent l'école près du Stade-de-France pour soutenir une famille de 5 enfants à la rue

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Tag(s) : #Saint-Denis, #Logement, #Luttes, #Ecole, #Parents, #Enseigants, #Débats, #Solidarité

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