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Le conseil municipal du 5 mars dernier s'étant tenu à huis clos, vous n'avez pas pu suivre les débats. Mais lors des discussions sur les orientations budgétaires de la ville (Document téléchargeable ici), je suis intervenu pour demander qu'on “sanctuarise” le budget des activités périscolaires.

Pour parler clair, je ne veux pas que la décision du passage de la semaine de 4,5 jours à 4 jours serve de prétexte à une réduction l'an prochain de ces activités ; dans un contexte budgétaire tendu.

J'ai donc proposé qu'on touche pas à ce budget. En tout cas pas pour le revoir à la baisse. Clairement, il ne s'agit pas d'un choix comptable : je pense qu'il faut continuer à offrir aux enfants de notre ville, du temps encadré plus qu'ailleurs pour les aider à grandir, à s'ouvrir sur le Monde et les autres ; et à découvrir des activités auxquelles sans cela, ils n'auraient pas forcément accès.

Ma proposition tient compte d'une information qui figure dans le Document d'orientation budgétaire (DOB) : « En 2012, l'indice de développement humain, qui combine les indicateurs d'espérance de vie à la naissance, la part de la population de plus de 15 ans sortie diplômée du système scolaire et le revenu imposable médian des ménages, était de 0,30 pour Saint-Denis. Il était de 0,39 pour la Seine-Saint-Denis, de 0,57 pour l'Ile-de-France et de 0,89 pour la France (20è rang mondial) »

Cette idée de “sanctuariser” les activités périscolaires a reçu une réponse aimable de la part du maire adjoint en charge du budget, Stéphane Privé. Mais complètement floue. Ce qui ne lasse pas de m'inquiéter.

Sur le débat d'orientations budgétaires (que vous n'avez donc pas pu suivre sur Internet) je vous propose ci-dessous la transcription de mon intervention intégrale, que j'avais pris soins d'enregistrer. Dans laquelle je demande donc qu'on ne touche pas aux activités périscolaires.

Orientations budgétaires - Intervention au conseil municipal du 5 mars 2018 :

« Je suis d’accord avec ce que disait David Proult tout à l’heure sur l’idée —ce que vient de dire d’ailleurs Patrick—, sur l’idée qu’on a besoin de mener des batailles sur la question des finances des villes. Qui ne sont pour l’instant pas au niveau. C’est pour ça que l’année dernière j’ai déjà dit qu’on avait une présentation du budget que je trouvais trop techno. Et que cette année je la trouve encore trop techno.

Même s’il y a des efforts. Et notamment j’ai trouvé la référence à un intéressant indice de développement humain. Qui montre qu’on a une population extrêmement fragile. Beaucoup plus fragile à Saint-Denis que dans le département, que dans la Région, qu’en France. Laquelle est du point de vue de cet indice au 20è rang mondial.

Ce qui me fait dire au passage que l’augmentation des taux d’imposition qu’on a voté il y a deux ans, ça confirme que c’était extrêmement difficile à assumer pour cette population. Et qu’il en va de même avec la taxation du stationnement résidentiel à 240€ par an et par véhicule.

Sur le projet lui-même, quand je dis que c’est trop techno, c’est que par exemple dans les chiffres qu’on donne et dans les points de repères qu’on donne et qu’on aurait besoin de donner à nos concitoyens —pour relativiser y compris ce que sont les collectivités et les budgets des collectivités ; et ce qu’elle dépensent et l’effort qu’on leur demande—, on aurait par exemple pu parler de l’évasion fiscale. Qui représente entre 60 et 80 milliards en France. Et du coup ça relativise un petit peu si on met en perspective les 11 milliards et demi à peu près (on me dira si je me trompe) qui sont ponctionnés aux collectivités.

On aurait pu aussi mettre en perspective les dividendes qui sont versés aux entreprises… enfin aux actionnaires. Et là il y a des classements, il y a des chiffres qui permettent de redonner un peu le sens des réalités à nos concitoyens. Et du coup d’aider à comprendre ce qui se passe. Et d’aider à agir.

Après sur le document d’orientation lui-même, j’ai aussi une chose qui moi me pose problème. J’ai écouté ce que disait David Proult sur la conclusion qu’il propose de modifier. Mais moi j’irai plus loin parce que je pense que pour le moment —sauf si j’ai mal compris ce qu’il y a d’écrit dans le document d’orientation budgétaire— la contractualisation entre la ville et l’État est une proposition. Or quand on lit le document qu’on nous propose, la proposition elle est acceptée, elle est entérinée. Et je pense qu’il faut se garder une marge de manœuvre. Et ne pas la considérer comme acquise et évidente. Et donc comme pouvant être discutée jusqu’au bout ; et éventuellement refusée en fonction de ce qu’il y aura dedans…

Ce qui n’est pas ce que dit le document. Il y a un exemple page 15 que j’ai noté : « Il faut saisir l’opportunité de la contractualisation… » L’opportunité de la contractualisation ? Je trouve que ce sont des termes qui sont lourds de sens…

J’ai une question, une remarque un peu de détail… Page 10, je ne suis pas favorable à l’augmentation de 1,9% en 2018 de je cite « la contribution complémentaire des villes en supplément du FCCT de droit commun ». Tout simplement parce que je ne vois pas pourquoi on augmente de 1,9% là, alors que l’objectif qui, semble-t-il, serait le nôtre en terme d’évolution de dépenses et d’augmentation de dépense pour 2018 est de 1,2%. Donc soyons cohérent, quoi : si c’est 1,2, c’est 1,2 partout ! J’ajoute qu’on a voté il y a quelques mois, quelques conseils de ça… on a régularisé avec la Trésorerie le fait qu’on rétrocédait le produit du stationnement payant et des amendes, si ma mémoire est bonne qui sur trois ans avait doublé. Qui continuait d’augmenter. Qui va continuer d’augmenter. Et du coup ça conduit à pouvoir se reposer un certain nombre de question sur les équilibres qu’on a avec Plaine Commune. Voilà, je ne suis pas favorable à cette augmentation ; à ce niveau là en tous cas.

Dernière chose : ça concerne la partie éducation.

J’ai noté, moi, dans le JSD la déclaration de l’élue en charge de l’Éducation, qui disait (alors je cite, mais comme j’ai oublié mes notes à la maison, je peux me tromper un peu…) : « On va perdre des moyens de l’État. Donc il va falloir travailler finement… » (Je m’interroge sur ce que c’est le « finement » d’ailleurs) « … pour conserver la plus-value périscolaire qu’on avait mise en place avec le passage aux 4,5 jours. »

Je trouve que le document d’orientation budgétaire —c’est à dire les orientations budgétaires qu’on est en train de décider—, devrait répondre simplement à une inquiétude des parents.

C’est à dire que le « finement » ça ne veut pas dire grand chose… « Plus-value » en plus c’est un terme un peu financier beaucoup plus que scolaire ou politique… Mais voilà, là dessus je fais une proposition assez simple : c’est qu’on décide que sur la plus-value (je garde le terme parce que pour l’instant je n’en trouve pas d’autre) périscolaire, on décide de sanctuariser, dans le cadre budgétaire complexe et difficile… de sanctuariser ça pour le budget 2018. Et notamment donc, bien sûr, ça veut dire de septembre à décembre ; et puis pour la suite… Que ce soit une orientation qu’on donne à nos services en terme de budget et qu’on ne touche pas à ça.

Je le dis d’autant plus que les conseils d’écoles arrivant, on va avoir des questions là dessus. Je pense que les parents ont besoin d’être rassurés. Que même si certains avaient compris quand on a eu la consultation sur 4 jours / 4 jours et demi, je ne suis pas sûr que tout le monde avait percuté sur le fait que ces activités-là éventuellement pouvaient être sucrées… Et du coup ça peut poser quelques soucis. »

Tag(s) : #Saint-Denis, #Ecole, #Enfance, #Parents, #Enseigants, #Débats, #Budget, #Elus, #éducation
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