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Ce dessin de Wolinski, là, il date. De 1977/1978. J'ai encore chez moi le petit livre édité par « l'Humanité » dans lequel il est publié, après l'avoir été dans le quotidien. J'étais encore minot à l'époque, mais je m'en souviens parfaitement. C'est étonnant comme parfois un petit crobar résume une pensée ou une situation. Au point de marquer durablement le cheminement d'une pensée et la construction d'un engagement.

L'étonnant est aussi de voir —quand on considère la situation des migrants de la Porte de la Chapelle pour lesquels nombreux de mes voisines et voisins solidaires se mobilisent depuis quelques mois—, combien ce dessin continue de dire simplement, avec humour et une certaine cruauté une réalité contemporaine.

Car sous l'orage qu'est l'arrivée massive de migrants poussés par les guerres et la misère, les discours lénifiants de la mairie (PS) de Paris et du gouvernement (PS) ont essentiellement pour but de « pousser le lit ». Pour éviter les goutes, sans s'attaquer aux problèmes sur le fond en y apporter des solutions durables. Et finalement rien ne change, rien n'est réglé.

Car sur place Porte de la Chapelle, devant le camp officiel baptisé pompeusement "centre humanitaire", il y a un camp. Et tout autour du camp devant le camp officiel, plein d'autres camps...

Qu'à coup de grilles, de roches, de murs, de forces de police, le gouvernement aussi bien que la mairie de Paris tentent de faire partir ; et n'y parvenant pas, de gêner le plus possible.

Quelle bêtise ! Où voudriez-vous qu'ils aillent ces gens qui ont parcouru des milliers de kilomètres et souvent vécu l'enfer ?

Il faut « réparer le toit » !

Car sans solution durable pour ces flux de migrants, les camps de fortune sont voués à se multiplier.

Et la violence contre les faibles, à monter d'un cran chaque fois. Comme avec ces immondes roches installées Porte de la Chapelle, juste à l'un des rares endroits où des migrants démunis peuvent s'abriter un peu de la pluie et dormir dans des conditions précaires. Où va s'arrêter cette escalade ?

J'aimerai pouvoir dire que sur le plan de l'analyse de l'action de mes camarades communistes, le dessin de Wolinski reste aussi pertinent qu'il l'était voici près de 30 ans. C'est en partie vrai. Et je vois bien chaque jour parmi les nombreux citoyen-ne-s solidaires qui se mobilisent Porte de la Chapelle, certain-e-s de mes camarades mobilisés pour être solidaires et tenter de construire des solutions durables à cette question des migrants. Mais à la vérité, peu, si peu, trop peu...

Wolinski a été assassiné il y a un peu plus de 2 ans par des malfaisants qui s'inspiraient d'autres malfaisants. Que pas mal de migrants qui se retrouvent Porte de la Chapelle fuient comme ils peuvent...

Wolinski, tu me manques beaucoup.

 

 

 

Migrants : arrêter de « pousser le lit » et enfin « réparer le toit » !Migrants : arrêter de « pousser le lit » et enfin « réparer le toit » !Migrants : arrêter de « pousser le lit » et enfin « réparer le toit » !
Migrants : arrêter de « pousser le lit » et enfin « réparer le toit » !
Tag(s) : #Débats, #Luttes, #Migrants, #Porte de la Chapelle, #Associations, #Solidarité, #2017OnPréfèreOuvert, #CoeurDePierre

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